Atelier n*3 - Bediani
Autrefois, Bédiani était tristement célèbre pour héberger un asile de fous, désormais fermé. Cela lui vaut le privilège de figurer sur les cartes, pas de bénéficier de routes asphaltées. Il nous aura fallu 4h30 pour parcourir les 90km qui séparent Tbilissi de ce petit village de la région de Tsalka en Géorgie.
Après la guerre civile, des religieux de Tbilissi ont décidé de monter une structure afin d’accueillir les orphelins qui, toujours plus nombreux, venaient quotidiennement réclamer de la nourriture aux portes de leurs églises. Un premier centre fut donc construit à Dzegvi, non loin de Mtskheta, l’ancienne capitale de Géorgie.
Rapidement, les bénévoles qui officiaient au centre et s’occupaient des orphelins se sont rendus compte que la seule solution pour sauver définitivement ces enfants était de les faire partir loin de la tentation quotidienne de la rue. Les sortir du centre pour les sortir du « vide », les extraire d’une logique où se confondent bien et mal sans distinction, partir à la campagne pour mieux retisser les liens. Qu’ils soient dentistes de formation, botanistes, ingénieurs cartographe, ces hommes et femmes, tous citadins à l’origine, ont décidé d’aller s’installer à la campagne, coupés de tout, pour réapprendre à ces enfants écorchés l’amour et la paix. Difficile d’imaginer ces encravatés devenir d’un coup paysan, faire leur propre pain, cultiver leur potager, traire la vache ou saigner le veau pour la Pâque quand on ne connaît au départ que bitume et métro. Ils rachèteront 7 maisons dans le village, recomposeront des familles entières et donneront un cadre à chacun.
Quand nous arrivons au village, il y a une trentaine d’enfants, de 5 à 20 ans. Des Datuna, des Mishka, des Germane, des Vano, des Alo, des Elene, des Nino, aux sourires ravageurs et pétillants d’intelligence. Pouvait-on imaginer que ces enfants, orphelins de surcroît et vivants dans un petit village de montagne sauraient rendre avec autant de talent leur passion, leur quotidien et leurs particularités. Certainement pas à priori ! Et pourtant les enfants de Bédiani auront su par leur énergie, leur espièglerie et leur manière toute singulière de partager et de se mettre en scène, « raconter » avec passion leur vie dans ce village.
Mieux, ils auront « intellectualisé », réfléchi comme personne le travail que nous leur proposions. Jamais les enfants de Paris, du Monténégro ou de Roumanie n’avaient réalisé de vidéo. Eux en ont fait des dizaines, les uns se prenant pour des grands reporters, d’autres pour des ninjas ou des danseurs, d’autres encore se mettant en scène pour faire le ménage. Jamais on ne nous avait demandé autant de piles pour recharger les batteries des appareils défaillants. Jamais on ne nous aura autant demandé de réagir et de commenter les clichés des uns et des autres. Jamais nous ne serons sortis aussi épuisés et heureux d’avoir été ainsi, chaque seconde, sollicités par tant d’enthousiasme. La session de présentation de leurs travaux a été, le jour de Pâque, un moment touchant ; les enfants fiers de pouvoir montrer à tous leurs regards et leurs images.
Il ressort de leurs clichés une profonde fraternité, un sens aigu et singulier de la famille, un profond respect pour les traditions et leur culture. Nul doute qu’ils ont fait avancer Step by Steppe d’un pas supplémentaire vers un apprentissage partagé et interculturel. Nous n’avons que deux mots simples à leur dire : Bravo et Merci !
Pour retrouver leurs travaux, consultez l’album photos :http://stepbysteppe.blogs.com/photos/atelier_photo_n3_bediani/index.html
Pour retrouver leurs videos :
infos de dernieres minutes : Les enfants de Bediani ont besoin de volontaires (18-25ans) pour une mission d'animation de 6 mois. dossier a remettre avant septembre 2006. Ci apres l'appel a candidature :Téléchargement annonce_sve.doc

Wahou... quelle nostalgie. J'étais avec les enfants de Dzegvi en 1998, presque 10 ans ont passé. Et c'est vrai qu'avec eux, j'avais fait un grand pas !
Bonne suite à Step by steppe.
Sopico
Rédigé par: Sophie | 29 mai 2007 at 04:02